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3 MA sacré aux Charts européens 2008!
World music
3 MA sacré aux Charts européens 2008
Le groupe 3 MA, réunissant le Marocain Driss El-Maloumi, le Malien Ballaké Sissoko et le Malgache Rajery, frappe fort. Son album est le meilleur aux World music Charts Europe.
La consécration pour 3MA. Après deux ans d’existence, le trio des trois pays en «Ma» est en train de flirter avec le grand succès. Son premier album éponyme, sorti en avril sous le label Contrejour, vient d'être sacré meilleur album aux World music charts Europe, pour l’année 2008.
Après avoir été classé au top pendant deux mois consécutifs, en mai et juin, l'album «3MA» se trouve en pole position finale, devant «800» du groupe turco-canadien Mercan Dede Double-moon, «Umalali» de The Garifuna (Belize /Guatemala), et «Tchamantcher» de la Malienne Rokia Traoré.
World music Charts Europe est considéré comme le plus important plateau d'expression des musiques du monde. Son
classement, incluant tous les artistes du genre issus de toute la planète, est basé sur les rapports-classements des
stations-radios de world music de 20 pays de l'Europe.
Le succès de 3 MA est le triomphe des instruments à cordes de trois pays africains de différentes cultures musicales : le
Marocain Driss El-Maloumi à la oud, le Malien Ballaké Sissoko à la cora et le Malgache Rajery à la valiha.
Consécration
Grâce au génie de chaque musicien, ayant amené ses compositions et sa touche personnelle, le trio a réussi à faire de la musique simple et originale aux traditions, aux rythmes, aux sons, aux voix des trois pays. Tout aussi surpris du résultat, le valihiste Rajery partage son émotion.
«Personnellement, je ne m'attendais pas à ce palmarès. Comme d'habitude, j'ai tout simplement joué de la musique à ma
manière, sans penser à la suite. Cette consécration nous encourage tous les trois à toujours aller plus loin dans nos recherches», commente-t-il. Le combo a été formé à Antananarivo en mars 2007, à partir d'une résidence-création au Centre culturel Albert Camus. Par
la suite, le trio est parti à la conqûete du monde entier, démarrant une tournée en Europe, en Afrique, dans l'océan Indien et au Moyen-Orient.
Pour 2009, une grande aventure attend encore 3MA.
De la fin février au début avril, le trio effectuera la première étape
d'une tournée européenne qui le menera en Suède, Hollande, Allemagne, France, Espagne et en Serbie. Une seconde étape en juillet-août comprendra l'Angleterre et le Danemark, tandis qu'une troisième étape aux Etats-Unis et Amérique du Sud aura lieu en octobre et novembre.
Classement
1- «3MA» de 3MA ( Mali/ Maroc/Madagascar)
2- «800» de Mercan Dede Doublemoon (Turquie/Canada)
3- «Umalali» de The Garifuna (Belize/ Guatemala)
4- «Tchamantcher» de Rokia Traore (Mali)
5- «Mali koura» d’Issa Bagayogo Six Degrees ( Mali)
6- «Fragile Beauty» de Huong Thanh & Nguyen Lee ACT (Vietnam/ France)
7- «The mande variationst» de Toumani Diabate (Mali)
8- «Alive» de Sa Dingding (Chine)
9- «Maldito Tango» de Melingo Naive (Argentina)
10- «The soul of Armenia» de Djivan Gasparyan (Armenia)
Par :
Date : 09-01-2009 Hernan Rivelo et Juliano Randrianja
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La musique de 3MA aux Temps chauds
LE MONDE | 14.07.08
Châtillon-sur-Chalaronne (Ain,)
Fertiliser les esprits, leur donner le goût de la découverte. Ces déclarations de résistance soustendent l'engagement de Françoise Cartade, directrice des Temps chauds (du 30 juin au 12juillet), festival de musiques du monde qui a lieu dans plusieurs communes de l'Ain. Le combat est rude - il y a toujours des vents contraires - mais énergisant.
Le 12 juillet, à Châtillon-sur- Chalaronne, outre la convaincante chanteuse chinoise Gong Linna (à entendre au festival les Suds, à Arles, le 16 juillet) et Dee Dee Bridgewater, les Temps chauds reçoivent 3MA. Ce trio réunit des épatants ciseleurs de cordes (valiha, kora et oud) : Rajery (Madagascar), Ballaké Sissoko (Mali) et Driss el Maloumi (Maroc).
L'aventure de 3MA démarre en 2006 par une rencontre fortuite entre Driss El-Maloumi et Rajery dans un hall d'hôtel à Agadir (Maroc), lors de Timitar, populaire festival de musiques du monde (120000 spectateurs par soir). Le moment musical de hasard, dans un hôtel du sud marocain, fait surgir une frustration. Trop court.
"RENCONTRE NATURELLE"
"On se dit alors, avec Rajery, qu'il faut faire un truc ensemble", raconte Driss El-Maloumi. Ce dernier travaille sur un autre projet avec Ballaké Sissoko, qui les rejoint. L'affaire se concrétise par un CD et une multitude de concerts.
"Cette rencontre est naturelle, affirme Driss El-Maloumi, peu avant de monter sur scène aux Temps chauds. Nous sommes trois musiciens
Voir l'articleDynastie de griots du Mali
Ballaké Sissoko, Driss El Maloumi et Rajery font le tour de l’Afrique musicale encordés entre eux, comme un trio d’explorateurs reliés par les vibrations qui les unissent.
Ballaké Sissoko vient d’une dynastie de griots du Mali. Il joue la kora, cette incroyable harpe-luth de la culture mandingue dont les 21 cordes nous ont habitués à des cascades de sons cristallins. Driss El Maloumi vient du Maroc. Il joue l’oud, ce luth de la tradition classique arabe qui s’impose comme le père de la plupart des guitares et luths du monde. Ses cordes racontent depuis la nuit des temps l’histoire des populations et de leurs échanges. Quant à Rajery de Madagascar, il joue la valiha, cette étonnante cithare tubulaire en bambou devenue symbole musical de la grande île rouge. Ses cordes crépitent malicieusement, gambadant entre elles comme un troupeau de jeunes chèvres. Elles disent le quotidien, elles chantent la beauté du pays, elles accompagnent les rituels.
Les 3 hommes ont décidé de tisser entre leurs cordes des liens invisibles d’un territoire à l’autre mais qui semblent pourtant tendus d’une oreille à l’autre. Parce que, sans doute, les traditions orales ne supportent pas de vivre fermées sur elles-mêmes, elles ont un redoutable besoin de mouvements, de contacts et d’échanges. Des liaisons empiriques par lesquelles elles peuvent se réinventer mutuellement comme le dit Driss El Maloumi. A quoi bon jouer une musique ancestrale si ce n’est pour l’échanger et la porter toujours plus loin, dans un souci évident de partage. Si jouer harpe, luth et cithare peut faire pleuvoir des cordes sur une Afrique trop sèche, pourquoi ne pas tenter l’aventure ? Pourquoi ne pas essayer cette longue traversée entre Est et Ouest, entre Sud et Sud et s’en aller toucher doublement les cordes sensibles d’un continent qui regorge de cultures exceptionnelles et d’instruments de musique incomparables ? Pourquoi ne pas montrer qu’entre ceux-ci les dialogues sont nécessaires et même convaincants ?
Chronique dans
Robin Denselow
Friday August 15 2008
The Guardian
The title is explained by the geography. Here are three great artists
who come from across Africa, from the "3Mas": Madagascar, Mali and
Maroc (Morocco). They are all exponents of stringed instruments that
played a crucial role in their countries before the arrival of the
guitar, and this gently exquisite set explores the links between their
styles. Mali's Ballaké Sissoko is the best-known of the
three; he ranks alongside his friend Toumani Diabaté as one
of the finest kora players in the world. He's joined here by Driss el
Maloumi on the north African/Middle Eastern oud, and Rajery, a master
of the valiha, which is a tubular zither constructed around a hollowed
piece of bamboo and one of the national instruments of Madagascar.
There are occasional vocals, such as some cheerful scat from Rajery,
and virtuoso solo tracks from all three, including a rhythmic workout
from El Maloumi. But what makes this set special are the collaborations
and interplay between the musicians, as they switch between lead work
and gently sturdy backing, on stately or reflective tracks that echo
their backgrounds, from the Sahara to the Indian Ocean.
Copyright Guardian Newspapers Limited 2008
Du Yémen dans l’alphabet transafricain des 3MA
Le projet de Rajery, Driss El Maloumi et Ballaké Sissoko
Le projet 3MA composé des musiciens Rajery, Driss El Maloumi et Ballaké
Cissoko, parrainé par CulturesFrance, était l'invité ce 20 janvier du centre culturel français de Sanaa au Yémen. Au programme : atelier musical avec trois personnalités du voisin péninsulaire et un concert magique livré à six cents personnes. Une rencontre gourmande avec la vieille ville de Sanaa, une connivence joyeuse avec les oud et les voix des hôtes... En attendant le premier album du projet transafricain, en mars prochain, et une large tournée qui conduira de l’Afrique australe aux Pays-Bas, en passant par la France et le Moyen-Orient.
Premières rencontres, les lieux. Les pavés de la vieille ville de Sanaa. De fragiles étincelles de lune s’y incrustent et bordent le chemin. Les maisons élancées, pierres et pisé, toisent le visiteur de leurs fenêtres aux cadres relevés de chaux.
Rajery le Malgache, est bluffé. Ce jeudi 17 janvier, il s'apprête à rencontrer les musiciens yéménites avec lesquels il va bientôt répéter. Au centre culturel français, Nashwa, la chanteuse vedette, timidement assise, toute enveloppée d’une tunique noire, les mains croisées sur les genoux. Après un long séjour dans les pays du Golfe, elle a récemment signé son retour sur la scène yéménite. Puis, Abdellatif Yagoub, star du oud, complice musical de Smadj et Mehdi Haddab (musique électro-orientale), qui va et
qui vient, dans la salle, sur son instrument, au téléphone, toujours en mouvement. Et enfin Sharaf Al Qaedi, plus réservé, qui lui est un virtuose du luth oriental à la voix profonde.
Driss El Maloumi, le "M" oudiste du Maroc, va donner le tempo. Les culs arrondis des trois oud se préparent. Ils démarrent ensemble. Rajery, le "M" de Madagascar, s’approche doucement. Sa valiha, la harpe tubulaire en bambou des hauts plateaux malgaches, taquine de petites notes aiguës les ry thmes syncopés. Ballaké Cissoko, le "M" du Mali, distribue les harmoniques cristallines de la kora. Ce point d’exclamation élancé, bien calé entre les jambes, étonne tout le monde.
L’atmosphère de ce premier morceau est chaude. Les battements de pieds des six musiciens tracent le chemin de Al Ra’iyya, la chanson composée par Abdellatif, l’histoire d’une petite bergère des côtes arides de la Tihama, la province côtière de la mer Rouge. Début des répétitions, et les affinités musicales africaines et arabiques s’apprivoisent déjà.
Le clignement des yeux de Rajery suffit à inviter Nashwa à le rejoindre dans ses envolées vocales. Ils se répondent, on flirte presque avec le scat. On s’échange les instruments et on s’amuse.
Concert sans frontières
Au programme de ce premier séjour yéménite, sous le parrainage de CulturesFrance et à l’invitation du centre culturel français de Sanaa, un atelier de travail, pour décliner le projet transafricain des 3MA avec le voisin continental arabique. Puis un concert, où chacun se retrouve sur scène pour proposer son propre style, avant de se rejoindre pour un final commun. Nous sommes dimanche. Driss s’interroge, avant de monter sur scène, sur la réaction des six cents personnes invitées à la performance donnée au centre culturel yéménite. Le décor de la scène figure, dans un large relief convaincant, la vieille ville de Sanaa bordée d’arbustes. On s’inquiète, un court moment, de l’arrivée inopinée d’un synthétiseur....Si ce son saturé venait à brouiller la délicatesse des instruments à cordes. Congé est donné au clavier, poliment. Daniel, l’ingénieur du son canadien, fait des merveilles sans affolement. Les balances sont calées, les câbles brouillons mis en ordre, les retours sont déplacés pour ne plus masquer les musiciens sur scène.
Les projecteurs habillent maintenant les artistes moins violemment.
Une dernière frayeur. Une mallette instrumentale a été oubliée dans le coffre d’un taxi. Et les musiciens yéménites se font attendre. Le concert approche, et tout s’arrange. Oublié le stress du mauvais sort et l’arrivée un peu tardive des spectateurs. La salle grossit d’un coup et gronde. Il est 20 heures pile.
Ravero, un morceau, le premier, et le public est conquis. Les musiciens font voyager l’auditoire d’un pays à un autre, mais aucune frontière apparente dans ce cheminement. Les trois "MA" sont de beaux compagnons de route. Ils échangent et se sourient, ils se regardent comme trois frères qui préparent une merveilleuse bêtise. Quelques rangées turbulentes, au fond de la salle, stoppent leur brouhaha. Place à Enfance, Awal ("Paroles" en langue amazigh, berbère), puis Taxi brousse, Moraingy (sport de combat malgache) et Elévation. Arrive alors Dou Tac, où le langage ironique des onomatopées mime le discours politique africain. La parodie emballe l’auditoire. Puis les trois instruments se laissent amadouer par la complainte D’Hanatra ("conseil") et les murmures poétiques de Driss El Maloumi. La chanson, amoureuse, captive la salle. Le public distribue son plaisir sans compter.
Les hôtes yéménites prennent place sur des sièges chaleureux. Ils poursuivent, chacun à leur tour, la ballade. Puis tous se retrouvent pour faire exploser dans la nature l’intimité des séances de répétitions. Al
Ra’iyya, notre petite bergère de la Tihama, s’élance maintenant comme une tarentelle napolitaine. Les oud égrènent les notes, puis les accords se mettent à gronder. La valiha et la kora étincellent ce tourbillon fougueux. Nashwa apparaît dans une robe dorée flamboyante, le foulard a libéré une divine crinière rousse.
"3MA" a introduit dans son alphabet transafricain un Yémen gourmand. Le public yéménite a répondu avec passion à l’invitation lancée par trois musiciens magiques. On se quitte à regret et on espère qu’ils partageront de nouveau très vite leur prochaine cueillette collective. Sortie du premier album en mars.
Son titre, 3MA. Puis une longue tournée, l’Afrique australe, le Moyen-Orient, les festivals d’été en France, en Hollande... En attendant, chacun retrouve sa propre lettre.
François-Xavier Trégan
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